Géométrie · Guide Eqora

Produit scalaire nul : un angle forcément droit ?

Associez les bonnes coordonnées, gardez leurs signes et précisez ce que zéro démontre avant de calculer un angle.

Jeune homme adulte est-asiatique portant des lunettes et un pull bordeaux, tenant deux lattes de bois contre une toile ivoire dans une voilerie lumineuse

Deux flèches peuvent avoir chacune une longueur positive et pourtant donner un produit scalaire nul. Cette opération associe deux vecteurs à un nombre, reliant le calcul sur les coordonnées à la géométrie. La difficulté est de savoir ce que ce nombre autorise à conclure. Zéro correspond-il forcément à un angle droit ? Le vecteur nul donne lui aussi zéro, mais il ne possède aucune direction. Cette exception mérite une vérification avant toute formule d’angle.

Nous travaillons avec des vecteurs réels du plan ou de l’espace euclidien à trois dimensions, dans un repère orthonormé. Les directions des axes sont perpendiculaires et les vecteurs de base ont tous la norme un. Ces hypothèses justifient la formule habituelle sur les coordonnées. Vous calculerez un exemple complet, interpréterez les signes et distinguerez une longueur projetée d’un vecteur projeté. Du papier suffit pour les résultats exacts ; seul un angle décimal final demande éventuellement la fonction arccos.

Eqora publie ce guide autonome pour soutenir l’apprentissage, sans garantir une réponse correcte ni une note. Vérifiez l’énoncé, la notation, les hypothèses et le résultat, et respectez les règles du cours. Eqora ne remplace pas le travail d’examen. Les photos de voilerie évoquent les directions et les comparaisons, mais ne constituent pas des diagrammes à l’échelle. Les lattes visibles ne représentent ni les coordonnées ni les longueurs numériques des exercices.

Le produit scalaire associe les coordonnées correspondantes

Pour u = (u₁, u₂) et v = (v₁, v₂), calculez u·v = u₁v₁ + u₂v₂. Dans l’espace, ajoutez le troisième terme u₃v₃. Multipliez première coordonnée par première coordonnée, deuxième par deuxième, puis additionnez. Le résultat est un scalaire, c’est-à-dire un nombre et non une nouvelle flèche. Multiplier un vecteur par un nombre est une autre opération, dont le résultat reste un vecteur. Identifiez donc le type de quantité demandé avant de décider de la forme de votre réponse.

Prenons u = (2, −1, 2) et v = (1, 4, 1). Leur produit vaut 2·1 + (−1)·4 + 2·1 = 2 − 4 + 2 = 0. Oublier la troisième coordonnée donnerait −2 et changerait la conclusion géométrique. Conservez les parenthèses autour des coordonnées négatives pendant les multiplications. La présentation de l’orthogonalité par Unisciel définit le produit usuel dans l’espace à partir des trois coordonnées. Ici, nos valeurs sont des exemples construits, pas des mesures prises sur les photographies.

Mains adultes en manches bordeaux alignant des paires de lattes en chêne près de disques bordeaux sur une toile ivoire
Associez les composantes avant d’additionner ; ces objets ne codent pas les nombres de l’exercice.

Choisissez le repère et les vecteurs du bon sommet

La somme des produits de coordonnées donne le produit scalaire géométrique usuel lorsque la base est orthonormée. Un dessin dont les axes sont affichés avec des échelles différentes peut déformer les angles apparents sans modifier les coordonnées mathématiques annoncées. Une base réellement oblique est un autre cas : il faut tenir compte des produits scalaires entre ses vecteurs de base. N’appliquez pas aveuglément la formule abrégée. Écrivez l’hypothèse sur le repère au lieu de la déduire de l’allure du croquis.

Des points doivent d’abord devenir des vecteurs. Avec A = (1, 2), B = (4, 3) et C = (0, 5), l’angle en A utilise AB = B − A = (3, 1) et AC = C − A = (−1, 3). Leur produit vaut −3 + 3 = 0. Utiliser directement les vecteurs position de B et C testerait un autre angle, à l’origine. Notre guide pour lire les figures géométriques aide à distinguer les données explicites des impressions visuelles avant de choisir les flèches.

Distinguez orthogonalité et angle avec le vecteur nul

Pour deux vecteurs non nuls, u·v = ‖u‖‖v‖ cos θ, où θ désigne leur angle entre 0° et 180°. Les deux normes sont strictement positives. Un produit nul impose donc cos θ = 0, soit θ = 90°. Réciproquement, un angle droit donne un cosinus nul et un produit nul. Les deux vecteurs de notre premier exemple spatial sont non nuls : la conclusion d’angle droit est donc justifiée sans calculer arccos ni mesurer un dessin en perspective.

Le vecteur z = (0, 0, 0) vérifie pourtant z·v = 0 pour tout v. Sa norme est nulle et il n’a pas de direction ; la formule de l’angle diviserait par zéro. On le dit algébriquement orthogonal à tout vecteur, sans lui attribuer un angle géométrique mesurable. Précisez donc la condition de non-nullité pour conclure à 90°. N’importez pas non plus la règle du produit nul des nombres réels : deux vecteurs non nuls peuvent très bien avoir un produit scalaire nul.

Main adulte faisant tourner une de deux lattes en chêne qui se rejoignent sur une toile claire
Un angle géométrique exige deux directions non nulles ; l’image ne prouve pas l’orthogonalité.

Interprétez le signe avant de chercher l’angle

Pour deux vecteurs non nuls, le signe du produit est celui de cos θ. Positif, il indique un angle inférieur à 90° ; négatif, un angle supérieur à 90° ; nul, un angle droit. Une valeur négative est donc parfaitement admissible : ce n’est pas une longueur négative. La taille du résultat dépend aussi des normes. Doubler un vecteur double le produit sans changer sa direction si le facteur est positif. Le produit brut n’est donc pas directement un cosinus.

Pour p = (1, 1) et q = (2, 0), p·q = 2 et les normes valent √2 et 2. Le quotient normalisé donne cos θ = 1/√2, donc θ = 45°. Remplacez q par −q = (−2, 0) : le produit devient −2 et l’angle 135°. Si une valeur décimale est demandée, appliquez arccos au quotient normalisé en vérifiant le mode degrés ou radians. Gardez les racines exactes jusqu’à cette dernière étape plutôt que d’arrondir séparément chaque longueur.

Contrôlez les normes et l’intervalle du cosinus

Le produit d’un vecteur réel avec lui-même donne son carré de norme : u·u = ‖u‖². Pour u = (2, −1, 2), on obtient 4 + 1 + 4 = 9, donc ‖u‖ = 3, et non 9. Pour v = (1, 4, 1), le carré de norme vaut 18 et la norme √18. Les normes sont positives ou nulles ; seul le vecteur nul a une norme nulle. Des coordonnées négatives ne rendent jamais la longueur négative.

Le quotient normalisé appartient à [−1, 1], grâce à l’inégalité de Cauchy-Schwarz : |u·v| ≤ ‖u‖‖v‖. Une valeur comme 1,2 ne peut pas entrer dans arccos réel : contrôlez l’appariement des coordonnées, les carrés et tout le dénominateur. De minuscules dépassements dus aux flottants existent, mais ne masquez pas une grosse erreur en ramenant arbitrairement le quotient à un. Des vecteurs colinéaires non nuls donnent 1 ou −1 après normalisation ; un produit brut égal à 1 ne suffit pas à prouver leur colinéarité.

Séparez longueur projetée, coefficient et vecteur

Projetons a = (4, 2) sur le vecteur non nul b = (2, 0). La projection scalaire signée vaut (a·b)/‖b‖ = 8/2 = 4. Le projeté vectoriel vaut [(a·b)/(b·b)]b = (8/4)(2, 0) = (4, 0). Le coefficient 2, la longueur algébrique 4 et le vecteur (4, 0) sont trois objets différents. N’annoncez pas le coefficient comme une longueur. Indiquez le type de résultat attendu pour éviter de remplacer une flèche à deux coordonnées par un nombre isolé.

Le reste r = a − (4, 0) = (0, 2) vérifie r·b = 0. Cette orthogonalité contrôle indépendamment la projection. Remplacer b par −b change le signe de la projection scalaire, mais pas le projeté vectoriel sur la même droite. Le vecteur cible doit être non nul, car les formules divisent par sa norme ou son carré de norme. Nous projetons sur la droite entière passant par l’origine, pas automatiquement sur une demi-droite ou un segment physique limité.

Mains adultes disposant une longue latte en chêne et une courte latte bordeaux près d’une corde de lin sur toile ivoire
Une composante numérique signée n’est pas un vecteur dirigé le long d’une droite.

Trouvez une coordonnée inconnue sans ajouter de contrainte

Les vecteurs a = (3, 2) et b = (t, −6) doivent être orthogonaux. Écrivez 3t + 2(−6) = 0, donc 3t − 12 = 0 et t = 4. En remplaçant, 3·4 − 12 = 0. Les deux vecteurs restent non nuls : leur angle est bien droit. Il n’est pas demandé que leurs longueurs soient égales. Ajouter cette contrainte changerait le problème et pourrait éliminer une solution correcte. Vérifiez la condition de l’énoncé, pas l’image mémorisée d’un carré.

Dans le plan, (−y, x) est orthogonal à (x, y), puisque x(−y) + yx = 0. Si le vecteur initial est non nul, son quart de tour l’est aussi. Dans l’espace, une seule équation d’orthogonalité laisse généralement un plan de possibilités, et non une réponse unique. Pour u = (2, −1, 2), tous les vecteurs (s, 2s + 2t, t) conviennent. La substitution annule les termes. Pour s = t = 0, on retrouve le vecteur nul : excluez-le si une direction est requise.

Changez les données et vérifiez par une autre identité

Essayez c = (2, 3) et d = (3, −2) sans regarder la suite. Leur produit vaut 6 − 6 = 0, et leurs carrés de norme valent tous deux 13 : l’angle est 90°. De plus, ‖c − d‖² = (−1)² + 5² = 26 = ‖c‖² + ‖d‖². L’identité générale ‖c − d‖² = ‖c‖² + ‖d‖² − 2c·d explique cette seconde vérification. Elle ne dépend pas d’une mesure visuelle sur un dessin éventuellement déformé.

Remplacez d par (3, −1). Le produit vaut maintenant 3, les normes √13 et √10, et cos θ = 3/√130. L’angle est aigu, environ 74,745°. Notre guide pour vérifier une réponse sans corrigé encourage ces comparaisons indépendantes. Notez les hypothèses du repère, la non-nullité et le quotient exact avant d’arrondir. Une valeur finale devient utile quand vous savez expliquer pourquoi son signe, son intervalle et son interprétation géométrique correspondent à la question initiale.

Jeune femme adulte aux cheveux courts bouclés bruns écrivant seule à un établi en chêne dans une voilerie blanche
De nouvelles données testent la méthode plutôt que la mémoire d’une réponse.

Bon à savoir

Questions sur ce guide

Un produit scalaire nul impose-t-il un vecteur nul ?

Non. Deux vecteurs non nuls perpendiculaires donnent aussi zéro. L’orthogonalité algébrique découle du produit nul, mais l’interprétation par un angle droit exige deux vecteurs non nuls.

Le produit scalaire peut-il être négatif ?

Oui. Pour des vecteurs réels euclidiens non nuls, leur angle est alors supérieur à 90° et inférieur ou égal à 180°. Ce résultat est un scalaire signé, pas une longueur.